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le 19 juin 2010

Table Ronde avec les Etudiants

Activités de l'APRES
Les Journées de l'APRES
Regards Insolites sur la Sexualité

La Deuxième Journée de l'APRES s'est déroulée
 
Le 14 Juin 2008

Présentation des intervenants

Les interventions

Diaporama


Première Journée du 6 Juin 2007:
L'intégralité des interventions sur le site de l'ENS:
"La diffusion des Savoirs"
Quelques images :
"Diaporama"


Libre parole - Le Cifres 2008

COMPTE-RENDU  DES  JOURNÉES  DU  CIFRES, par Michel Febvre

 

 

                         Les  5  et  6  Décembre  se  sont  tenu  à  Toulouse  les  14 èmes  journées  annuelles  du  CIFRES (Centre  International  de  Formation  et de  Recherche  en  Sexualité).           Remarquablement  organisées  sous  la  présidence  de  Catherine  Cabanis  et  de  la  secrétaire  Elisabeth  Guillebaud  elles  ont  réuni   une  centaine  de  participants. Le  thème  en  était : MÉDIAS  ET  SEXUALITÉ Incidences  sur  nos  pratiques  en  sexologie.

Le  Vendredi  après-midi  était  consacré  aux   ateliers :

-Initiation  à  l’Approche  Sexocorporelle   animé  par : Michèle  Bonnal , Joseph  Abgrall et  Elisabeth  Guillebaud

- Approche  intégrative  animé  par Catherine  Cabanis .

-Violences  sexuelles  à  l’école  et  médias  animé  par : Maryvonne  Desbarats .Atelier  auquel  nous  avons  participé.

Les  questions  posées :

-Qu’est  ce  qu’un  jeu  sexuel ?

Qu’est ce  qu’une  pratique  déviante ?

  La  notion  du  consentement.

-On  considère    qu’avant  l’âge  de  15  ans  , l’enfant  ne  peut  pas  se  rendre  compte, il  n’y  a  pas  de  consentement, l’enfant  est  juridiquement  protégé.

Avec  la  notion  que  le  plaisir  éventuellement  ressenti ( dans  des  circonstances  non  désirées ) et  source  de  culpabilisation ultérieure  est  lié  à  des  phénomènes  physiologiques Bien  distinguer  la  réaction  sexuelle  de  la  relation  sexuelle.

-La  majorité  sexuelle à  15  ans  certes  mais dans   cette  période   de  15 à18  ans   le  juge  peut  apprécier  différemment en  fonction  de  chacun  ,  des  circonstances et  du  degré d’  

 alcoolisation  qui  peut perturber   le  consentement .

 

La  journée  scientifique  s’est  tenu  le  Samedi  6  Décembre.

 

En  introduction   C Cabanis nous   rappelait    la  définition  du  mot    média  comme  moyen  de  diffusion  de  l’information  servant  à  communiquer (mais  sans  qu’il  y  ait   personnalisation  des  messages)  Il  peut  s’agir :  de  la  presse  écrite, du  cinéma, de  la  radio , de l’information  par  voie  d’affiches  , du  langage , de  l’écriture voire  de  la  musique  et  naturellement d’ internet,  à  la  condition  qu’ils  s’adressent    à  un  grand  nombre  d’individus .Ces  supports  ont  une  incidence  sur  nos  pratiques  en  sexologie.

 

J. Peyranne nous a  ensuite  parlé  de  l’intime ,de  l’extime et  d’ exister .

-l’intimité qui  n’est  concevable  que s’il  existe  une  extériorité .Les  secrets  à  garder,  le  dévoilement , les  notions  de  pudeur  et  d’impudeur .

-l’extime  comme l’ autre qui  est  en nous . Carapace  pour  se  protéger  de  sa  véritable  intériorité. Quand  l’intime  passe  par  l’extime ( pourquoi  montrer  sa  vie  privée  sur  internet ? )

Les  points  négatifs   de  l’extime :

-risque  de  remplacer  un  imaginaire  insuffisant ? Moyen  d’augmenter  son  excitation ?

-l’extime  comme  tribunal  de  l’intime .

-être  jugé  par  les  autres

 

Les  points  positifs éventuels .

-Déconstruction  d’un  intime  considéré  comme  obsolète ? reconstruction  de  l’intime  actuel ? Ingrédients  de  l’érotisme ?

Les  applications  en  thérapie  avec  la  demande  du  droit  à  l’oubli. Ne  pas  intimer  la   remémoration de  l’acte. Recréer  un  imaginaire  d’enfance.

Il  y  a  le  domaine de  l’espace et le  temps  de  l’intime (différencier  média  et  immédiateté)

 

Marcella   Iacub , sociologue est  intervenue  sur : Pornographie , médias  et  sexualité .

En  1992  il  y  a eu    modification  de  l’article 227-24    du  Code  Pénal ,  qui  traitait    du  délit  d’outrage  aux  bonnes  mœurs .Cette  réforme  visait   à  dépoussiérer  et  à  donner    une  pseudo - modernité  au    droit  pénal  sur   la  sexualité .Le  nouvel  article  reconduit  les  anciennes  injonctions et  crée  un  délit  de  pornographie  pour  les  mineurs. La  sexualité  est  interdite  dans  la  mesure    elle  se  situe  dans  un  espace  publique  . L’espace publique  pouvant  se  définir  comme le  fait  de  s’exhiber  devant  plus  d’une  personne  et  se  faire  enregistrer.L’œil  est  devenu  une  personne  à  part  entière ( l’œil  de  la  caméra  ou  du  téléphone  portable ) . Enregistrer   implique  d’être  au  moins  trois  , ce  qui  est  interdit. Pourquoi  cet  interdit du  plus  de  deux ? Probablement  parce  que  la   norme  sexuelle se superposait    à  la  norme  conjugale.

Le  fait  de  fabriquer, transporter  ou  diffuser  des  messages  à  contenu  violent, s’ils  peuvent   être  vus  par  un    mineur   dans  l’espace  publique   constitue  un  délit . Ce traumatisme  pour  le  jeune  a  le  même  impact  légalement qu’une  agression  sexuelle  de  type  viol. Le  jeune  ne  pouvant  pas  faire  la  distinction  entre  la  fiction  et  la  réalité. Ce  qui  pose  problème, c’est  le  type  de  comportement. Ce  ne  sont  pas  tant  les  images  que  les  conditions  qui  ont  fait  avoir  ces  images. 

 

Maryvonne  Desbarats et  Odette  Mateu  intervenaient  sur : les  sites  internet, les  patients  et  leurs  dysfonctions  sexuelles .

Elles  ont  consulté les  sites  dits  d’informations  pour  grand  public qui  fournissent  des  multitudes  de  données : par  exemple  le  mot  fantasme  figure  pour  près  de  3500000  demandes , clitoris  pour  plus  d’16000000 .

Les  points  positifs  de  ces  sites :

-le  côté  vulgarisation  scientifique

-la  proposition  de thérapie 

-les  forums  qui  rassurent  les  internautes (la  traque  aux  pseudo  thérapeutes ) .

Les  points  négatifs :

-  Les  forums  qui  débouchent  sur  des  sites  de  rencontres  ou  des  sites  pornographiques  « durs »

-certains    « limites »  sur  la  pédophilie.

 

Daniel  Welzer  Lang  sociologue  bien  connu  des  habitués  des  congrès  de  l’AIHUS clotûrait  cette  matinée en  posant la  question  de  l’utilité  des  médias  pour  se  rencontrer, s’exciter, apprendre  à  jouer  avec  les  identités , s’éviter ?

Il  a  tenté  d’y  répondre  à  partir  d’un  travail  d’analyse    de  2  sites  de  rencontre (ou  de  drague), l’un  régional   toulousain, l’autre  d’audience  plus  large.Il  note : la  réémergence  d’un  désir  féminin  autonome, la  transformation  des  rapports  sociaux  , le  désir  devenu  business. Les  interrogations ; qu’est  ce  qu’un  couple ? avec  la  déconstruction du  modèle  du  couple  traditionnel  à  deux   , qu’est  ce  que  la sexualité  de  nos  jours  ?

 

L’après-midi   Serge  Portelli magistrat  au  TGI    de Paris traitait  de  la  délinquance  sexuelle  et  des  médias.

Il  rappelait  que  cette  question  ne  se  posait  pas  avant  les  années  1970 (  mais  une  délinquance  n’existe  que  quand  on  commence  à  la  voir  et l’on  n’en  parlait  pas  parce qu’on  ne  voulait  pas en  parler) Rôle  des  médecins  dans  l’émergence  de cette  question.

Il  existe  différents  types  de  médias  qui  parlent  différemment  de  la  sexualité. La  criminalité  est  vaste  , diverse avec  des  composantes  variées : crimes, viols. Mais  la  plus  importante  c’est  la  « petite  criminalité » ( familiale : les  attouchements ) . Mais  celle-ci  n’intéresse  que  peu  les  médias. La pédophilie  les  intéresse  bien  d’avantage , surtout  si  l’on  évoque  l’existence  de  réseaux .

Il  faut  faire  la  différence entre   la  presse  écrite  régionale  et  nationale dans  la  façon  de  traiter  l’information .

Il  faut  noter l’évolution  des  médias depuis  ces  30  dernières  années avec  l’émergence  d’internet mais  aussi  le  grand  nombre   de  chaînes  de  télévision  avec  des  chaînes thématiques (par  exemple  planète- justice)

Notre  société  a  besoin  de  monstres  qui  entrent  dans  l’imaginaire  collectif.

À l’opposé : il  y  a  tendance  à  la  « grand-messe »  de  la  victimologie  et  de   la  martyrologie.

Enfin  il  y  a actuellement  tendance à   l’utilisation  médiatique  de  la  délinquance  avec  le   risque  d’une  manipulation  politique pour  réprimer  encore  davantage et  faire  circuler  des  idées  pernicieuses. Les  médias peuvent  servir  de  caisse  de  résonance   et conduire   à  légiférer  dans l’émotionnel.

 

  Jean  Siméon  Menoreau a  clôturé  ces  journées  en  parlant  de  l’éthique  du  sexologue  face aux  médias.

Ne  pas  confondre  éthique  et  déontologie  .Nos  codes  sont le  plus souvent  des  codes  de  déontologie  qui  ne  traitent  pas  de  la position  du  sexologue  face  à  la  société.Nous  avons  la  nécessité  d’intervenir  dans  les  médias  mais  dans  un  cadre  bien  défini.Il  y  a  une  éthique  du  paradoxe entre  la  singularité  de  notre  pratique  et les  nécessaires ouverture et   relation au  monde  .


Date de création : 28/01/2009 @ 15:25
Dernière modification : 28/01/2009 @ 15:25
Catégorie : Libre parole


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